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Les négociations sociales pourraient être passées d'époque, la récente réforme de la formation de 2014 prouve que la société change plus vite que ses supposés partenaires.

Les grandes messes sociales sont devenues des comédies sociales

Jadis, au cours du XXe siècle, si le "progrès" social passait par une table de négociations (les accords de Grenelle, de Matignon, les ANI...) c'est parce qu'il s'agissait, dans un monde industriel et en expansion, de décider de la répartition des efforts de chacun, de partager aussi un "gâteau" économique que chacun savait copieux.

Ces négociations sociales, transformées au fil du temps en "acquis" sociaux, restent une manière de figer le travail, mais aussi, par un effet cliquetis de le rendre toujours plus couteux, complexe et problématique.

Les négociations interprofessionnelles sont devenues des comédies sociales.

Le "grain à moudre" n'a plus cours avec la mondialisation, l'uberisation, la globalisation, mais aussi et surtout la nécessité de préserver notre environnement.

Donner plus c'est accroître mécaniquement notre dette, il faut améliorer la qualité du travail

"La dette est d'abord le signe de l'absence de consensus en France", Jacques Attali.

Via nos comédies sociales, nous aggravons année après année nos déficits et le chômage. À force de réduire le travail, de le chronométrer, de le contrôler, nous l'avons rendu fragile, pénible et contingenté pour les moins qualifiés.

À l'avenir, c'est d'abord sur l'individu et ses potentialités que reposera le travail et le social

Si dans la société industrielle et urbaine, née au début du XXe siècle, l'individu (OS, ouvrier spécialisé dans sa micro-activité) ne représentait qu'un petit rouage de la vaste chaîne d'activités qui produisaient les richesses, il en est tout autrement aujourd'hui dans la société de la connaissance et de l'information.

1) On apprend pour soi (mais avec les autres) et l'individu est maître de son itinéraire professionnel, de l'entretien de ses compétences, du développement de ses connaissances

Qui dit responsabilités dit aussi sanctions en cas de non développement. L'employeur a évidemment sa part à prendre de ce "fardeau" formation (s'il ne forme pas son organisation déclinera), mais il ne peut assumer seul le social ou la formation pendant les 40 ou 45 ans d'une vie professionnelle.

Le travailleur ne peut pas être exonéré de responsabilités : s'il n'apprend pas, il pourrait rester durablement sans travail.

2) Tout le monde doit apprendre et il faut parvenir à remonter le niveau de compétences de tous les actifs

Un pays ne peut plus se contenter de bien former une "élite" en assurant un minimum à sa main-d'oeuvre peu ou non qualifiée (l'ancienne "force de travail"). Dans toutes les entreprises, ne pas apprendre (et donc ne pas évoluer et changer) obère l'avenir de tous : organisations comme individus.

3) L'école perd ses monopoles éducatifs

- Elle ne peut ni ne doit se substituer aux familles pour l'éducation des enfants (elle doit aider les familles, pas les remplacer)

- Elle ne doit plus se mêler du monde professionnel (qui évolue trop vite pour l'institution scolaire)

L'école à l'avenir ne représentera qu'une simple part de l'éducation des personnes.

On ne changera jamais plus la formation par décret

La malheureuse réforme de la formation de 2014 (changer les dispositifs de formation sans en mesurer les blocages) le démontre tous les jours et le pays devra se prémunir de ces pseudo réformes ou dispositifs technocratiques sans lien avec le réel.

Ce n'est pas de nouveaux dispositifs de formation, ni de systèmes complexes de comptages d'heures (CPF, CPA, CEC, Compte pénibilité) dont ont besoin les travailleurs (pas seulement salariés), mais d'être responsables et capables d'assumer leur destin professionnel.

Sans responsabilisation du corps social, la formation restera de la seule communication

Les travailleurs peuvent se réapproprier leur formation via deux mesures nouvelles :

a) Payer pour leur formation : la formation (tout comme l'éducation au-delà de l'école obligatoire) doit devenir payante. Se former aujourd'hui c'est tout autant servir son employeur que se donner les moyens de changer et de s'insérer socialement. Il n'y a pas de raisons pour que l'employeur soit l'unique financeur de la formation de ses salariés (ce qu'il ne peut faire pour tous).

Si les salariés paient à l'avenir pour leur formation, il faudra que la TVA sur cette activité (commerciale et concurrentielle) passe de 20 % à 2 % (comme pour la presse). Il faudra aussi que les travailleurs puissent défalquer de leurs impôts (ou CSG) toutes leurs dépenses éducatives.

b) Se former sur leur temps libre, plusieurs heures par mois

Aujourd'hui, les travailleurs français présentent globalement un déficit important de compétences. Un ouvrier par exemple, passe en moyenne 6 heures par an pour sa formation (source Insee 2010).

Ce temps de formation est notoirement insuffisant en France sachant que c'est au moins de 10 % de son temps travaillé qu'il faut consacrer aux apprentissages. Si les 35 heures ont été inventées ce n'était pas seulement pour partir en congés ou passer plus de temps en loisirs, mais aussi et surtout pour se former et apprendre.

les echos

Tag(s) : #Formation 360°, #France, #Financement

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