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l’OFPPT (Maroc) face au défi de la massification

L’Office de Formation Professionnelle et de Promotion du Travail (OFPPT) va devoir construire 24 nouveaux établissements par an, en moyenne, pour atteindre les objectifs fixés par son nouveau contrat-programme.

Le Conseil d’administration de l’OFPPT a adopté le 5 octobre son nouveau contrat-programme pour 2021. Celui-ci vient concrétiser la "Stratégie nationale de la Formation professionnelle 2021" présentée au printemps par Rachid Belmokhtar, ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle du gouvernement sortant. Son principal objectif : former 10 millions de personnes d’ici 5 ans. L’OFPPT aura la responsabilité de 2 millions d’entre eux.

"Ainsi, l’OFPPT projette la formation […] en 6 ans d’un effectif plus important que celui réalisé durant les quatorze dernières années. Le dispositif de l’OFPPT atteindra annuellement, à terme, une capacité de formation de 365 500 jeunes (contre 27 334 formés en 2001)", révèle le communiqué officiel de l’OFPPT.

En 2015, l’Office n’est parvenu à former que 192 800 élèves (nombre de bénéficiaires arrivés au terme de leur formation en 2015, avec un diplôme le cas échéant). Un tel écart suppose que l'Office parvienne à réaliser en 6 ans 120 nouveaux établissements, soit en moyenne 24 par an. Pour l’année 2016-2017, seuls 17 établissements sont pourtant programmés.

Dans la nouvelle stratégie, l’OFPPT est encore une fois appelée à répondre massivement et simultanément à tous les besoins à la fois : former tous ceux qui ont décroché de l’école trop tôt, mais également créer des formations correspondants aux objectifs de chacun des plans sectoriels, tout en répondant au plus près aux besoins immédiats des entreprises.

La nécessité de pallier le décrochage scolaire est l’un des objectifs historiques de l’OFPPT, mais le gouvernement lui demande de s’orienter de plus en plus vers la demande des entreprises. En 2011, seules 54% de sa promotion en formation initiale avait effectivement trouvé un emploi 9 mois après son diplôme.

Jusqu’ici, l’offre de formation professionnelle offerte au Maroc, ne répondait pas toujours aux besoins des grands opérateurs étrangers installés dans le cadre du Pacte national pour l’Emergence industrielle lancé en 2009. D'où la création de centre de formation ad hoc gérés par les professionnels en partenariat avec l'Etat.

L’Institut de Formation aux métiers de l’automobile de Casablanca (IFMAC) puis l'IFMIA de Tanger situé sur son site a donc été utilisé directement par Renault pour son usine de Tanger, à partir de 2009. L’institut des Métiers de l’Aéronautique (IMA) a été créé un an plus tôt par le Groupement des industriels marocains de l'Aéronautique et Spatial (GIMAS). L’idée est la même : définir les programmes de formation avec les entreprises en fonction de leurs besoins exacts.

Plébiscités par les industriels

Ces instituts "à gestion déléguée aux professionnels" ont été plébiscités par les industriels. Fort de ce succès, le gouvernement prévoit, dans le cadre de la nouvelle Stratégie nationale de faire passer de 360 à 6 500 le nombre de lauréats d’une formation professionnelle initiale dans ce type d’institut.

Même si son action est moins reconnue, l’OFPPT développe également des instituts et des formations en réponse aux besoins immédiats des entreprises. En novembre 2013, il a inauguré l’Institut spécialisé des métiers de l’Aéronautique et de la Logistique (ISMALA). Il compte également plusieurs instituts spécialisés dans la formation pour l’Offshoring et l’agro-alimentaire installés au plus près des industriels.

Dernier en date, le Centre de formation aux métiers de l’Aéronautique a été lancé en juillet dernier par le roi. Financé par la Fondation Mohammed V, il sera à mi-chemin entre l’action sociale et l’entreprise. Installé à Kenitra, il participera "à l’insertion socio-professionnelle des jeunes issus des quartiers défavorisés. Il a été conçu dans une optique d’accompagner, par le biais d’une offre de main d’œuvre qualifiée locale, la demande d’emploi que générera l’implantation prochaine d'un complexe industriel du groupe français PSA Peugeot Citroën à la lisière de la plateforme industrielle intégrée Atlantic Free Zone ", détaille un communiqué. Il devrait être achevé dans 21 mois.

Tag(s) : #Maroc, #International, #Stratégie

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